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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 20:36

Le vendredi 6 février 2009, dans la salle du CCA, l’association VERLIN vers L’AUTRE a organisé une conférence débat sur le maraîchage biologique.  

Après la présentation des conférenciers et le timing de la réunion, Marie-Laure JOLY, présidente, a souligné l’importance de se nourrir sainement avec des produits locaux et de saison. C’est tout bénéfice pour soi et pour l’environnement.

Sont intervenus tour à tour :

-         Benoit CANIS (ingénieur ISA 85 – SCEA Vert’Tige) ;

-         Cécile DUBAR de l’association TERRE de LIENS ;

-         Perrine (expert-comptable) pour les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne);

-         Abdelhafid DJELAD (Ingénieur agronome) pour l’association CHENELET.

 

1-     Intervention de Benoit CANIS sur le maraîchage Biologique

A partir d’un montage qu’il avait réalisé pour une formation de journalistes de FRANCE3, Benoit CANIS, maraîcher bio à Wavrin,  a présenté les enjeux de l’agriculture biologique.

A la question « Aujourd’hui, est-ce que tout va bien ? », la réponse est évidemment NON.

Mais peut-on changer et faire autrement ? C’est-à-dire réduire notre empreinte écologique ; être des consommateurs responsables ; et avoir une agriculture performante attachée à des valeurs de développement durable ? La réponse est évidemment OUI.

 

 L’agriculture biologique a manifestement des ambitions quantitatives, qualitatives et politiques :

- D’après le Grenelle (1 et 2), le Bio devrait occuper 20% des surfaces agricoles en France en 2020 ; par rapport aux 2% de SAU (Surfaces Agricoles Utiles) actuelles.

- L’agriculture biologique possède des valeurs ajoutées sociales (création d’emplois +25% de main d’œuvre par unité produite) et territoriales (protection de l’environnement).

- Elle cherche à peser sur la Politique Agricole Commune pour préparer l’agriculture de demain.

Evolution du comportement du consommateur :

La part du budget du consommateur consacré à l’alimentation se situe en dessous des 19%.

En comparant les prix, le client d’aujourd’hui recherche non seulement des promotions, mais de plus en plus une garantie écologique, et un bénéfice pour la santé. Certains sont mêmes prêts à  payer plus cher pour protéger l’environnement et le bien-être animal. Mais l’offre en bio est insuffisante, surtout depuis l'arrivée des besoins croissants des cantines scolaires (ex. Lille = 40.000 repas jour).

L’agriculture biologique aujourd’hui en volume, et au niveau règlementaire :

En France c’est 2% de la SAU (Surface Agricole Utile), soit 0,5 millions d’hectares cultivés par 12.000 producteurs (sur environ 450.000 au total); pour produire essentiellement des fruits & légumes, du pain, du lait, des œufs, de la vigne, des oléagineux et de la viande.  

Sur un marché de 3 à 4% (soit 5 à 6 milliards d’€), la Bretagne, les pays de Loire, Midi-Pyrénées et Rhône Alpes sont en pointe (Au 1er rang, le canton de Die = 15% de la SAU).

En Europe, l’Espagne, la Belgique et la Grande Bretagne sont également à 2% de SAU ; par rapport à 4% en Allemagne et au Danemark ; et 8% en Autriche, Italie et Suède.

 

La force de l’agriculture biologique, c’est toujours son cahier des charges (interdiction d’utiliser des produits chimiques ; et la certification).

A noter, le paradoxe pour l’agriculture biologique qui consiste à devoir payer pour être contrôlée !

Mais attention, depuis le 1er janvier 2009, et pour faciliter l’entrée des agriculteurs conventionnels dans le bio,  la réglementation européenne a baissé le niveau d’exigence qui était bénéfique pour tous. Ainsi, il est maintenant possible : 

-          d’être pollué fortuitement par les OGM (0,9% maximum) ;

-          d’avoir des vaches en bio, et des poules en élevage conventionnel ;

-          de pratiquer l’élevage sur caillebotis ;

-          et il y a moins de restrictions antiparasitaires ... .

Quelles actions mener pour développer l’agriculture biologique ?

-          Renforcer l’identité de l’agriculture biologique par une réforme ambitieuse de la PAC, plutôt que baisser les exigences règlementaires européennes.

-          Favoriser les démarches collectives et publiques, et non seulement privées : créer un logo européen auquel pourrait s’ajouter un élément graphique régional.

-          Investir dans la formation, et développer la recherche plutôt que laisser faire : capitaliser les savoir-faire dans des outils techniques et pédagogiques pour transmettre le savoir; et faire savoir.

-          Communiquer non seulement sur les qualités des produits, mais aussi sur la démarche et les avantages de l’agriculture biologique (cohérence écologique, sociale, environnementale).

-          Accompagner les nouveaux adeptes des pratiques biologiques ; qui veulent donc réussir sans artifice chimique.

-          S’ouvrir, développer des contrats de progrès (surtout avec la restauration collective à des fins pédagogiques) pour que le marché bio soit moteur, et durable ; et éviter de rester un simple marché de niche.
Le développement du bio passe par un réel projet de développement national et européen.

 

2-    Intervention de Cécile DUBAR pour TERRE de LIENS

La terre est un bien commun, support de vie et de biodiversité. C’est un patrimoine naturel et culturel.

Or, l’urbanisation galopante (perte de 60.000 hectares en France sur 10 ans ; soit une moyenne de 60 hectares par an et par département), et la spéculation foncière, entraînent une baisse du nombre d’agriculteurs suite aux difficultés d’accès à la terre (rareté, montant toléré mais illégal des reprises, et coûts d’installation). 

Aussi l’association nationale Terre de Liens, née en 2003, accompagne les porteurs de projets qui respectent des critères agronomiques, sociaux et environnementaux.  L’objectif est de pérenniser l’agriculture biologique, de préserver la biodiversité et les paysages, et de favoriser une économie sociale et solidaire. 

Terre de Liens est une société d’investissement solidaire, qui favorise le développement de l'agriculture biologique. Les citoyens peuvent acheter des parts permettant à la Foncière d’acheter des terres pour les mettre à disposition d’agriculteurs  qui garantissent le maintien des pratiques biologiques (signature d’un bail rural avec une clause environnementale).

http://www.terredeliens.org/spip.php?page=accueil

3-    Intervention de Perrine Feutry pour les AMAP

Une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) associe des consommateurs à un agriculteur en faisant de la vente directe de proximité (souvent en zone périurbaine).

L’agriculteur s’engage à préparer chaque semaine un panier de fruits / légumes de qualité (souvent en bio mais pas forcément) ; à avoir un contact direct avec le consommateur (circuit court) ; et à être transparent sur les pratiques.

Le consommateur s’engage financièrement à pré-financer la production ; à être moralement solidaire lors des aléas de production (paniers plus ou moins garnis) ; à participer à la vie de la structure (ex. désherbage, récolte, pique nique, … ).

Dans un contexte où le consommateur recherche de plus en plus du lien social avec le producteur, et à se réapproprier l’alimentation, le Grenelle a eu pour effet de sensibiliser le consommateur au bio, et au circuit de distribution court.

La 1ère AMAP du Nord fut celle des WEPPES : http://www.amap-des-weppes.net.eu.org/    
suivie par d’autres comme l'AMAP des Moulins du littoral Nord :  http://amapdesmoulins.littoralnord.fr/

et l’AMAP de la Pévèle :  http://amap-de-la-pevele.over-blog.com/ .

 

4-    Intervention d’ Abdelhafid DJELAD pour l’association CHENELET

Située à Landrethun près de Marquise, CHENELET est une association solidaire de réinsertion sociale.

Elle pratique des activités diverses (jardinage bio, travail du bois, recherche sur toitures végétalisées, formations, cours de cuisine et de nutrition, organisation du travail, estime de soi …) en encadrant 25 personnes en insertion sociale.

Ainsi, sur 1,2 hectare de terre et 2,2 hectares de verger, l’association produit 46 légumes différents et 15 variétés de pommes pour la production de paniers biologiques.

60% des cancers seraient d’origine alimentaire ; d’où l’importance à se réapproprier l’alimentation.

http://www.chenelet.org/

 

Très appréciée des participants, la conférence fut clôturée par la Présidente en soulignant les efforts faits par tous les agriculteurs qui produisent bio ; et tous les points de vente de proximité (bio ou non) qui tissent du lien social.

Chacun fut évidemment invité à consommer bio, et à faire ses courses chez les producteurs locaux.
Représenté par l'Adjointe au développement durable, le Conseil Municipal fut également appelé à intégrer des produits bio dans le prochain appel d'offres pour le restaurant scolaire. 
  

Le site Verlin vers L’Autre : http://verlinverslautre.e-monsite.com 
 

nb : Un exemple de guide pour une « Installation en maraîchage biologique »

http://www.bio-aquitaine.com/images/stories/BLE/installation_en_maraichage_biologique.pdf

http://www.agriculture-durable.org/

La croissance verte = un frein au développement de l'urbanisation
L'évolution des pratiques de l'agriculture périurbaine est une opportunité de développement durable; tout en permettant de sauvegarder les terres agricoles, de développer des emplois, de résister à la pression foncière.  Ainsi sera préservée l'identité rurale de Verlinghem au service de ses habitants et de la Métropole. 
  
En effet, l'agriculture périurbaine remplit des fonctions de proximité très intéressantes pour tous : alimentaire, économique (revenus), sociale (emploi), culturelle, cadre de vie (espaces ouverts et verdoyants), environnementale (recyclage), sécurité (aliments et risques naturels).
Face aux menaces existante avec l'extension du bâti (nouvelles activités, logements, infrastructures routières ...), il convient de développer des projets locaux, avec les professionnels agricoles, pour affirmer notre vocation rurale, maintenir notre agriculture et notre cadre de vie; et orienter l'évolution du schéma directeur pour la sauvegarde de notre patrimoine naturel.

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Published by Verlinghem Autrement - dans Développement Durable
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