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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 20:51

Dans le cadre des rendez-vous du Campus Nord-Europe, l’école SKEMA BUSINESS SCHOOL (anciennement l’ESC à Euralille - avenue Willy Brandt) organise des conférences sur le thème du Développement Durable : www.conferencescampusnordeurope.fr

   

La dernière conférence a été animée par Guibert del MARMOL, le 10 juin 2010, qui a d’ailleurs édité un livre « Tomber plus haut » éd. Alphée. Ci-dessous le compte-rendu de la conférence.

 

A- Etat des lieux : les problèmes mondiaux sont des enjeux réels qui nous impactent déjà ; et qui s’amplifieront si nous ne changeons pas nos modes de vie.

   

Nous vivons une rupture de paradigme depuis 1989, avec l’évolution fulgurante des techniques informatiques et de communication :

   

1- La mondialisation a des effets sur toute la planète.

- Le monde est interconnecté. On ne dort plus. Le monde est en accélération, et de plus en plus complexe, avec des crises qui se succèdent (alimentaire è pétrole è financière è grippe A è la prochaine crise ?) ; et des « effets papillons » (un battement d’ailes à un endroit de la planète provoque une onde de choc à l’autre bout du globe).

- Mais la crise profonde est climatique et démographique. C’est là que sont les enjeux pour l’avenir.

   

2- La planète est en danger par nos modes de consommation. L’empreinte humaine sur le globe est réelle.

  - La corrélation est nette entre l’évolution du PIB mondial (qui est passé de 4 milliards de dollars avant la révolution industrielle du début du 19ème siècle à 33.000 milliards) et l’évolution du CO2 généré par l’exploitation des énergies fossiles. Or la terre n’est plus capable d’absorber tout le CO2 produit. L’élevage étant responsable de 18% des gaz à effet de serre, diminuons notre consommation de viande pour réduire le taux de CO2.

 - L’eau, c’est la vie. Or, la nappe aquifère d’eau douce baisse de 1 mètre/an. Les prochaines guerres sont engendrées pour l’accès à l’eau (Turquie, Tibet).  

 

3-  Il y a déjà des réfugiés climatiques. La population mondiale est passée de 2 milliards d’individus en 1950 à 7 milliards en 2010. Or 1,5 milliard d’habitants non pas accès à l’eau ; et 1,2 milliard d’individus souffrent de malnutrition. De plus, 20% de la population mondiale consomme 80% des ressources. Les flux migratoires constituent un enjeu réel (ex. Les habitants des Maldives veulent acheter une nouvelle terre – Les 160 millions d’habitants du Bangladesh migreront probablement vers l’Inde).

   

L’accès à la dignité humaine consiste à donner à chacun : 

2 repas/jour + un toit + des soins de santé + une éducation.

 

 B- L’Humanité, qui a les moyens, est à un carrefour de tous les possibles

  

Notre humanité est pleine de paradoxes :

- Nous avons des moyens techniques extraordinaires (ex. Internet et les réseaux sociaux qui permettent de dénoncer des dénis de démocratie ; et d’élever la conscience collective) ; et nous assistons parallèlement à une résurgence de comportements moyenâgeux (ex. Piraterie en mer).

- Nous avons une médecine de plus en plus performante (nouvelles molécules), mais de nouvelles pandémies apparaissent dans les pays émergents dues à une promiscuité  homme-animal.  

- Nous créons d’importantes richesses financières, mais nous détruisons parallèlement la biosphère.  

 

Mais tous les dangers sont autant d’opportunités pour construire un monde différent.

 

Le système actuel ne fonctionne pas pour nourrir 7 milliards d’individus. Il faut donc faire le bon choix de société en sortant des dogmes obsolètes, et de la pensée limitative (le passé n’a pas d’avenir). Selon Einstein, « Un problème ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé ».

 

1-   Les problèmes seront résolus par la coopération. Ainsi, la raison d’être d’une entreprise est de créer de la valeur ajoutée pour ses actionnaires, son patrimoine humain, son environnement, la société au sens large. Son devoir est d’innover ; et de développer la coopération plus que la compétition.

   

2-   Développons une pensée alternative en s’inspirant du génie de la nature pour résoudre nos problèmes (concept de bio-mimétisme).

 

a.    Ainsi, le problème de vibration du train à grande vitesse japonais entrant dans un tunnel a été résolu en imitant le bec du Martin Pêcheur ; avec en plus un gain d’énergie de 15%.  

 

b.    L’entreprise hollandaise KOPPERT ( http://www.koppert.fr/societe/ - CA = 40 millions d’€ ) en avait assez  d’épandre des produits phytosanitaires (pesticides) avec du personnel déguisés en scaphandriers. Elle s’est tournée vers le développement durable, et la commercialisation d’insectes auxiliaires et pollinisateurs pour la protection des végétaux (protection biologique).  

 

c.    Un banlieusard réussit à placer 200 personnes par an en servant d’intermédiaire entre la banlieue et des entreprises qui n’osent pas faire le pas.    

 

3-   Chacun a en soi des ressources incroyables en reprenant le contrôle de sa pensée et de ses émotions (contrôle du stress qui peut avoir un impact négatif sur le système immunitaire); et en adoptant une nouvelle hygiène de vie (alimentation saine et moins carnée, plus de fruits et légumes, sport, …); et en s’affranchissant autant que faire se peut des médicaments (la médecine n’est pas une science exacte). Il faut être présent à ce que l’on fait ; et profiter du temps présent sans s’auto-polluer le mental avec les regrets du passé et les angoisses du futur. Il faut prendre le temps de penser (et non « zapper » en permanence); et se créer une spirale mentale positive

   

4-    Développons une attitude inspirée inspirante. Chacun est leader de sa vie ; en ayant une bonne connaissance de soi-même ; en connaissant les ressorts qui font qu’on se lève le matin ; en connaissant ses talents ; en comprenant le monde réel qui nous entoure. Tout est interconnecté et interagi ; et les gestes posés par chacun reviennent toujours (effet boomerang).

 

a.    Il faut évidemment du courage pour vivre ses valeurs ; et donc savoir prendre des risques. Nul ne peut s’élever sans s’exposer. Il faut de l’empathie et de la compassion ; aimer les gens ; célébrer la diversité. Le métissage crée de la valeur ajoutée ; tandis que la consanguinité nécrose tout.

   

b.    Travailler ensemble pour notre propre durabilité est une nécessité ; en reconnaissant l’étranger et la diversité,  en redécouvrant l’éco-capital, et en passant du stade d’égo-citoyen au stade d’éco-citoyen (Joël de Rosnay) :

             – http://www.cite-sciences.fr/derosnay/articles/EduEco.htm.

      Des expériences ont été menées avec succès dans des villages qui ont cherché :

                             - à vivre en autarcie énergétique ;

                             - à limiter les déplacements, et à raccourcir les chaînes logistiques ;

                             - à réduire le volume de déchets ; 

                             - à produire localement (ex. jardins convertis en potagers).    

 

c.    Nous assistons à la fin d’un modèle de société qui a montré ses limites ; qui entretient des illusions et des peurs (cf. les jeux pervers des médias : ce qui fait vendre, c’est ce qui fait peur) ;  un modèle défaillant qui génère des luttes, de la haine, du racisme et de l’intégrisme. « Un arbre qui tombe fait plus de bruits qu’une forêt qui pousse ». A chacun de construire sa vérité en choisissant ses moyens d’information. 

   

d.    L’Europe se recroqueville, et n’avance pas. Et la crise systémique mondiale actuelle s’explique par l’absence de leaders authentiques : des gens au service avant d’être au pouvoir ; qui fédèrent au lieu de diviser. Rares sont les gouvernants capables de parler vrai ; et de prendre des mesures d’austérité qui constituent parfois un suicide politique.  C’est la différence entre un homme d’Etat qui prépare la nouvelle génération, et l’homme politique qui prépare les futures élections … .  

 

e.    Des mauvais comportements semblent perdurés chez les nouveaux riches ; et se développent même dans des pays émergents reproduisant nos propres erreurs. Le monde occidental, responsable du monde actuel, doit montrer la voie (ex. Développement Durable / Green Deal). Le pire côtoie le meilleur. Et le clivage qui s’amplifie entre les possédants et ceux qui n’ont pas crée des tensions et des dangers.

   

f.    Restons quand même optimiste : les heures les plus sombres précèdent toujours les heures de soleil.  Il vaut mieux voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide.

 

5-   La responsabilité nous revient de contribuer à élever la dignité globale. C’est l’intérêt de la société, et des entreprises, pour donner accès au plus grand nombre aux 4 piliers du seuil de dignité (2 repas /jour + un toit + santé et accès aux soins + éducation).

 

a.    Construire des écoles pour éduquer (avec des professeurs intègres); et lutter contre les 4 fléaux que sont la maladie, la guerre, la pauvreté et l’ignorance.

 

b.   Pour changer notre vision du monde, tous les ans pendant 4 jours, un nouveau style de conférences publiques internationales (Les Ernest de la rue d’ULM à l’Ecole Normale Supérieure) réunit les meilleurs experts mondiaux dans tous les domaines. Le principe étant de métisser les intervenants (scientifiques + gens de terrain) et d’échanger : devant 800 personnes, chacun dispose de 15 mn maximum pour exprimer sa vision du futur ou exposer un thème. Tout est traduit en 80 langues ; et disponible sur internet (ex. vidéos) :

         http://www.les-ernest.fr/

        (Des vidéos à voir sur le site ci-dessus : "Sortir de la crise,  réponse de sociologue" : Alain Touraine - "Construire une société de confiance" : Yann Algan).

   

c.    Les entreprises peuvent être classées en 5 catégories :

1- Les entreprises qui ne font que respecter la réglementation et la loi .

2- Les entreprises éco-efficaces (bâtiments éco-durables).

3- Les entreprises qui se donnent une image de façade verte (greenwashing).

4- Les entreprises qui sont à un niveau stratégique en prêtant attention aux impacts collatéraux ; et qui transforment les coûts inhérents en opportunités (ex. Danone).

5- Les entreprises qui savent qu’elles peuvent contribuer à la création d’un monde meilleur.

Les entreprises des 3 premiers niveaux vivent en additionnant des contraintes ; alors que celles des 2 derniers niveaux ont conscience de leurs missions, ont une vraie vision et de vraies valeurs.

 

On est dans les affaires pour soigner.

Etre « le meilleur du monde » ne suffit pas. La vraie vision du développement durable est d’être « le meilleur pour le monde ».

Conclusion

En l’absence d’une gouvernance mondiale, le pouvoir économique a toujours 3 coups d’avance.

Mais individuellement et collectivement, il est grand temps de penser et d’agir autrement (de manière volontaire plutôt que subie) pour une nouvelle philosophie durable; y compris dans tous les domaines de l’entreprise (RH, Achats, Logistique, Marketing … .).

L’accompagnement des entreprises au changement nécessitent de nouveaux comportements managériaux et des nouveaux schémas de pensée.     

 

Il ne faut pas forcément transformer tout le monde pour le changer : 20% de personnes agissantes suffisent, par rapport à 60% d’inertie et 20% de réfractaires.  

                                                       --------------------------------  

Pour compléter la conférence de Guilbert Del Marmol, quelques citations d’Einstein à méditer  : 

 - «  Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ».   

- « Ne fais jamais rien contre ta conscience, même si l’Etat te le demande ».  

- « Le problème d’aujourd’hui n’est pas l’énergie atomique, mais le cœur des hommes ».  

- « Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover ».  

- «  L’Etat est notre serviteur, et nous n’avons pas à en être les esclaves ».  

- «  Le mot progrès n’aura aucun sens tant qu’il y aura des enfants malheureux ».  

- «  Ce qui compte ne peut pas être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément ». 

- « Inventer, c’est penser à côté ».  

- « Il est hélas devenu évident aujourd’hui que notre technologie a dépassé notre humanité ».  

- « L’imagination est plus importante que le savoir ». 

- « Nous aurons le destin que nous aurons mérité ».

 

Et de Pierre Mendès France :  « Il ne faut pas sacrifier l'avenir au présent ».

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Published by Verlinghem Autrement - dans Développement Durable
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