Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 13:58

Ci-dessous le compte-rendu de JE Sontag (PARIS MATCH) du 7ème Forum scientifique de l'UNESCO qui s'est tenu le 9 novembre 2010.                 

 

Sous le haut patronage du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l'UNESCO a réuni 8 éminents spécialistes en oncologie lors de son VIIe forum scientifique.

 

L’objectif = Permettre au grand public de comprendre quels sont les comportements à adopter pour prévenir l’apparition d’un cancer ou la rechute ?

 

Cette conférence s'est tenue en partenariat avec l’Institut National du Cancer (INCa) et la Ligue Nationale contre le Cancer ; et avec le soutien des laboratoires Roche et de la Mutualité Française. L’ouverture du forum a été faite par le Directeur adjoint de l'Unesco ; et l’animation par une journaliste de Paris Match.

 

2 millions de Français vivent ou ont vécu l’épreuve du cancer ; et près de 8 millions de personnes en meurent chaque année dans le monde. Comme en attestent ces chiffres, la lutte contre ce fléau est au cœur des enjeux médicaux et sociaux actuels. Pour lutter contre les peurs, parfois irrationnelles, du grand public, ce VIIe Forum scientifique apporte un éclairage nouveau sur les facteurs favorisant du cancer et sur les comportements préventifs utiles.

« Plus de la moitié des cancers pourraient être évités par une bonne hygiène de vie ! » déclare le Pr Dominique Maraninchi, Président de l’INCa. Mais des facteurs génétiques sont aussi responsables de processus cancérigènes.

 

Introduction

  1)    Rappels sur la notion de cancer et de prolifération de cellules malignes.

2)    Cause des cancers : Tabac (30%), Hormones (30%), Alimentation (30%), Génétique (5%), Virus (5%), Radiation/Pollution (10%).

 

Les organes touchés par :

- Le Tabac :

. Tous les organes sur le trajet de la fumée (bouche, trachée, poumon).

. Tous les organes sur le trajet de la salive (œsophage, estomac, pancréas).

.  Les reins contaminés par le sang ; et par conséquent la vessie contaminée par l'urine.

- Les Hormones  : Sein, utérus, prostate.

- L’alimentation : Appareil digestif, sein, endomètre, col de l’utérus, prostate, poumon.

- Les Virus : Foie, utérus, lymphomes, leucémie T, carcinome de Merkel, bouche, anus, pénis.

 

Influence des gènes :

Il existe des gènes prédisposant dans le cancer du sein et du colon.

D’où le problème dans le cas du cancer du sein : le fait de savoir qu'il existe un dépistage possible du gène engendre en effet dans les familles concernées une angoisse pour passer le test (dont le taux de prédiction  est de 80 %).  Et un résultat positif engendre une angoisse supplémentaire, car la seule solution est d'enlever les seins et les ovaires.

 

1- LE TABAC : Alerter les femmes sur leur tabagisme ; et les motiver à arrêter de fumer.

« Aujourd’hui environ un tiers des cancers sont liés au tabac. Un fumeur régulier (quotidien) sur 4 meurt avant 65 ans des ravages du tabac.

Plus alarmant encore. Alors que la mortalité par cancer du poumon chez les hommes de 45-54 ans est stable depuis les années 90, elle a doublé chez les femmes de cette tranche d’âge pour la même période »     déclare le Pr Albert HIRSCH, Pneumologue, administrateur de la Ligue Contre le Cancer.

 

De 2005 à 2010, malgré les actions engagées (pas de publicité, prix en hausse, publicité pour arrêter de fumer), la fréquence du cancer a augmenté de 2 points pour les hommes ; et de 7 points pour les femmes. L'action peut donc paraître décevante mais il faut nuancer le propos, car les pays n’ayant pas engagé d'action ont vu leur taux de cancer exploser.

 

La fumée provoque une mutation des gènes ; et le cancer peut apparaître à partir de 1 cigarette par jour si on fume pendant longtemps. A cet égard, on sait que le facteur durée est le facteur prépondérant : Le risque est plus important avec 10 cigarettes fumées pendant 20 ans, par rapport à 20 cigarettes fumées pendant 10 ans.

Rendre le comportement de fumeur comme « peu acceptable » socialement serait, semble-t-il, plus efficace qu'une politique individuelle d'arrêt.

Après l’arrêt, le risque redevient identique à celui de l'ensemble de la population au bout de 5 à 15 ans.

A noter l'augmentation très forte du nombre de femmes qui fument ; et qui risque d'engendrer une explosion du nombre de cancers dans les 15 prochaines années (x4).

 

2- L’AMIANTE : Risque connu depuis les années 50 mais interdit seulement depuis 1996. On en a donc encore les conséquences.

 

3- LES TELEPHONES PORTABLES : Pas de certitude, pas d'argument scientifique, mais ... ?

 

4- L’ALIMENTATION : Mise à jour des liens entre nutrition et cancer.

« Près de 30 % des cancers sont liés à l’alimentation ; en particulier les cancers de l’appareil digestif, du sein, de la prostate ou du poumon. » déclare le Pr David KHAYAT, Chef de service Oncologie à l’hôpital Pitié-Salpêtrière et Professeur à l’Université du Texas.

«Aujourd’hui, il est possible de montrer les bénéfices de certains nutriments diminuant les risques de différents cancers. Le choix du mode de cuisson est également important pour éviter les substances à haut risque cancérigène » souligne l David KHAYAT.

 

Le cancer du sein n'existe pas au Japon. Mais si des japonais émigrent aux USA, au bout de la 2ème génération, ils ont les mêmes risques qu'aux USA. D’où l'idée que l'alimentation est sans doute la cause.

Des études ont été menées:

-        Aux USA sur des infirmières montrant une corrélation entre l'absorption de jus d'orange et le mélanome.

-        Etude sélénium, vitamine E pour le cancer de la prostate : l'étude a été arrêtée car le groupe qui consommait du sélénium et de la vitamine E avait plus de cancers de la prostate que le groupe placebo.

 

Dans le domaine de l'alimentation, l'analyse et les conclusions sont très difficiles.

 

Stress oxydatifs : Les cellules relâchent des radicaux libres très caustiques qui se projettent sur les cellules, d'où l'intérêt des antioxydants.

 

Des études épidémiologiques ont montré l'intérêt des fruits et légumes : 30% de cancers en moins par rapport au groupe placebo.

Produits à éviter : charcuterie ; et thon, flétan, saumon sauvage à cause du mercure qu'ils contiennent.

Attention à la cuisson : éviter le barbecue et le wok (température de 300°C au fond du wok)

Privilégier les fruits et légumes dont la tomate, et la grenade pour la prostate.

   

5- LES VIRUS : 7 virus responsables de 15 à 20 % des cancers !

De longs travaux de recherches complexes ont mis à jour le rôle des virus dans le développement de cancers (foie, utérus, lymphomes, leucémie T…) : 7 virus cancérigènes ainsi identifiés.

Le Pr Antoine GESSAIN, Directeur de l’unité d’épidémiologie et de physiopathologie des virus oncogènes à l’Institut Pasteur, explique comment ces virus risquent d’induire  un cancer; et précise ceux qui disposent de vaccins préventifs. Il cite également les autres agents infectieux responsables de cancers, telle la bactérie Helicobacter pylori impliquée dans les cancers digestifs.

 

10 à 15% des cancers sont dus à des virus : 5 à 10% dans les pays occidentaux; et 25% dans les pays émergents.

 

Le cancer lié à un virus peut débuter de nombreuses années après son entrée dans l’organisme ; d’où la durée pour établir des liens directs de causalité.

Exemple :

-        Hépatite B et C = risque pour le foie, le col de l'utérus

-        Herpes virus (Epstein Barr) = risque pour le sein et la peau.

 

Autre agent : La bactérie Helicobacter pylori impliquée dans les cancers digestifs.

 

Des vaccins existent : vaccin hépatite B pour le cancer du foie / vaccin papillovirus pour le cancer de l'utérus.

 

6- LE SOLEIL : les crèmes solaires ne suffisent pas.

Le Pr Alexandre EGGERMONT, Directeur de l’institut Gustave-Roussy à Villejuif, Professeur au Erasmus University Medical Center à Rotterdam, expose  les différents types de cancers cutanés liés à une exposition solaire prolongée. Le risque d'en développer un (notamment le mélanome) est aujourd'hui de 1 sur 100.

Il rappelle les comportements préventifs, tout en pointant certaines idées reçues sur les crèmes solaires.

Pour diagnostiquer une anomalie cutanée sans bistouri, le public a découvert les dernières techniques d’examen non invasives : la dermoscopie et la microscopie confocale.

 

Il y a 3 types de cancer de la peau:

Carcinome basocellulaire : pas invasif, et résolu par une petite chirurgie,

Carcinome spinocellulaire : un peu invasif, et peut aller jusqu'aux ganglions,

Mélanome malin : très invasif (avec une tumeur de seulement 4mm, la mortalité à 10 ans est de 50%). Dans ce cas, il y a risque de métastases; et le traitement adjuvant à l'interféron donne peu de résultats.

 

Dans le monde, la fréquence varie selon les continents et les pays :

L'Australie a la plus forte fréquence (25%). Les pays nordiques ont aussi des taux élevés (à corréler sans doute aux vacances d'été avec exposition intense au soleil).

Il existe aussi des prédispositions génétiques (peau blanche). Des tests de prédisposition ont vu le jour ; et des biopsies sans acte chirurgical « lourd » peuvent être faites maintenant, notamment quand le visage est atteint : dermoscopie et microscopie confocale.

 

Les précautions :

-  Eviter l'exposition entre 11 et 16H

-  Eviter les cabines solaires

-  Savoir que son capital solaire est d'environ 30.000 Heures.

 

La crème solaire n'est d'aucune utilité vis à vis du cancer. On peut même dire que c'est un facteur favorisant en permettant de rester plus longtemps au soleil sans brûlure ; et par là même elle contribue à épuiser plus rapidement son capital solaire.

 

7- DES DIAGNOSTICS PLUS PRECOCES ET PLUS PRECIS  

Avec des diagnostics plus précoces et plus précis, les guérisons sont plus fréquentes : 42 % de tous les  patients traités ont plus de 80 % de chances de guérison.

 

Grâce à des diagnostics  plus précoces, on peut encore espérer mieux : c'est le cas dans les cancers du sein, de la prostate, du côlon et de la peau qui ont près de 90 % de chances de guérison s’ils sont découverts suffisamment tôt.

 

De plus, la recherche de bio-marqueurs  dans les biopsies devient essentielle pour décider et piloter le traitement de nombreux  cancers ; et offrir des traitements personnalisés plus efficaces. C'est déjà le cas dans les cancers du sein. Cette démarche s'étend à de nombreuses autres tumeurs rappelle le Pr Dominique MARANINCHI, Président de l’INCa.

 

Le Dr Clarisse DROMAIN, Chef de service de radiologie diagnostique de l’Institut Gustave-Roussy à Villejuif, présente les dernières avancées de l’imagerie : nouveau scanner volumétrique multi-détecteur, IRM fonctionnelle, angio-mammographie, PetScan … Et notamment la nouvelle technique de biopsie du sein, dite stéréotaxique,  qui permet d’extraire des tumeurs de moins de 2 centimètres sans opération chirurgicale.

Des images impressionnantes d’un scanner volumétrique, proposées par le Dr GOMBERGH, radiologue, font voyager le public à l’intérieur du corps humain. Le Pr Thierry POYNARD, chef du service d'hépatologie à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, a présenté les nouvelles techniques de biopsie mini-invasive guidée par imagerie, comme le Fibroscan qui décèle les états pré-cancéreux du foie sans biopsie chirurgicale.

 

Cancer du sein : dépistage par mammographie pour toutes les familles à risque (IRM).

Rappel : Dépistage = chercher/trouver chez des gens asymptomatiques.

Diagnostic précoce = s'alerter aux tous premiers symptômes.

Radiodiagnostic : le passage de l'analogique au numérique permet une diminution de la compression des seins; et une meilleure détection.

Elle permet aussi 2 nouvelles applications :

- La tomosynthèse mammaire en 3D,

- L'angiomammographie, avec produit de contraste, qui permet de visualiser la vascularisation de la tumeur.

 

Le Scanner (rayons x) permet de découper le corps en coupes de 1 mm.

 

L'IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), sans effet secondaire, offre une vision précise de l'organe observé ; et de la composition chimique de la tumeur (graisse, vaisseaux …). L'IRM offre la possibilité de guider les biopsies ; ce qui a beaucoup plus de valeur qu'un prélèvement au hasard.

 

Utilisation de la biopsie stéréotaxique par exemple pour analyser les micro- calcifications ; et faire du diagnostic ; et même éventuellement pour enlever toute la zone suspecte. C'est intéressant pour typer la tumeur, et choisir le traitement approprié (thérapie ciblée).

 

Un conseil : passer ses examens médicaux plutôt dans un grand laboratoire travaillant avec des procédures qualité (relecture systématique des résultats ...) ; afin d'éviter les erreurs d'interprétation qui peuvent être de l'ordre de 20%.  

 

8- L’ACTIVITE PHYSIQUE : un moyen pour combattre le risque cancéreux

« Les résultats convergents de multiples études démontrent une diminution de 25 à 30 % des risques de plusieurs cancers grâce à une pratique régulière de certaines activités physiques.

Les patients diabétiques, en surpoids ou ayant des antécédents de cancer familial sont particulièrement concernés. L’activité physique réduit de 40 % leur risque de cancer.

L’activité physique régulière diminue également le risque de rechute : par exemple pour 50 % des femmes ayant eu un cancer du sein » explique le Dr Thierry BOUILLET, cancérologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny, président fondateur de la méthode CAMI (Cancers Arts Martiaux et Information).

 

L'activité physique est donc fortement recommandée pour éviter le cancer et les rechutes éventuelles.

Recommandation : de manière régulière, 1 Heure 3 fois par semaine.  N'importe quel sport qui ne soit pas asymétrique, qui soit adapté à son âge et à sa  constitution. La préconisation principale concerne la marche qui est le sport le plus simple à pratiquer ; et le plus adapté à l'ensemble de la population.

Par ailleurs, l'activité physique fait baisser l'insuline qui est le 2ème « tueur » après le tabac.

 

« Reprendre une activité physique, c'est retourner à la vie » !

 

Conclusion : PREVENIR LES RECHUTES

 Une surveillance rapprochée, et des traitements ciblés.

Si l’hygiène de vie est un élément important de la prévention du risque de certains cancers, elle l’est aussi dans le suivi après un cancer. Aussi, est-il primordial que les patients bénéficient d’un suivi rapproché (avec Scanner, IRM, tests sanguins…).

 

Les Pr Martine PICCART, Présidente du « Breast International Group » et Chef du service d’Oncologie à l’Institut Jules-Bordet de Bruxelles, David KHAYAT et Alexandre EGGERMONT ont expliqué dans quels types de cancer les patients reçoivent un traitement ciblé en prévention des rechutes.

 

Ils concluent le forum en présentant les travaux de recherche actuels ; ainsi que les nouvelles stratégies du Plan cancer : notamment sur la vie après le cancer, avec le Pr Jean-Pierre GRÜNFELD.

Partager cet article

Repost 0
Published by Verlinghem Autrement - dans Santé Forme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Verlinghem Autrement
  • : L'objectif du blog est d'informer et de communiquer avec les Verlinghemmois; et d'inciter aux actions citoyennes du Développement Durable : une économie circulaire et collaborative, inspirée des écosystèmes naturels qui recyclent tout.
  • Contact

Recherche